Mes 10 jours aux Bahamas...

  

  

Au mois de Janvier de cette année, j’ai eu la chance d’échanger sur Facebook avec Philippe Pelletier (auteur de ‘’L’intracostal en mode flâneur’’) qui était déjà en Floride et qui cherchait quelqu’un pour un convoyage direction Les Bahamas. C’était pour moi une occasion en or de mettre à profit mes connaissances mais aussi et surtout de les parfaire !


Me voilà donc parti le 13 février pour Miami pour rejoindre Philippe à son bateau Destiny IV US qui se trouvait à No Name Harbor, pour un embarquement immédiat direction les Bahamas.


Laissez-moi vous dire qu’à chaque fois que je quitte notre belle province en hiver et que je me retrouve 4 heures plus tard au niveau du tropique du Cancer, je ne cesse de m’extasier du changement drastique d’environnement, passer de la froidure du nord à la douceur tropicale, des érables aux palmiers...


Hey! Pas de temps à perdre ! la fenêtre météo est propice à une traversée du Gulf Stream et nous décidons donc de partir vers 11 pm dans la nuit noire et étoilée, la mer est calme et le vent doux. Petit à petit les lumières de Miami s’estompent pour finalement disparaître, et là l’aventure commence.


La traversée est relativement agréable, quelques creux de 2 à 3 pieds tout au plus, la lune apparaît et elle nous éclaire tout le long. J’ai hâte de voir mon premier lever de soleil. Faisant route vers l’est, il devrait surgir d’un moment à l’autre, un premier lever de soleil en mer ne s’oublie pas, c’est gravé dans la mémoire pour toujours.

La connexion avec Philippe se créé tranquillement, au même rythme que la houle qui berce le bateau. Après le lever du soleil nous laissons Bimini derrière nous et entrons dans le grand banc. La couleur de la mer est incroyable voire indescriptible, tellement le bleu est intense, on peut voir le fond, il y a à peine 10 pieds de profondeur….encore une autre image de gravée sur le disque dur !


À mesure que nous progressons les deux inconnus que nous étions et qui se sont rencontrés voilà quelques heures sont de plus en plus en connexion, il est vrai que la lenteur d’un voilier au moteur sur le MacKay shoal est propice à la discussion. 


Au bout de 25 heures de navigation non-stop nous décidons de nous arrêter pour une pause bien méritée. Bien que naviguant de nuit je suis en totale confiance car Philippe, “un vieux de la veille “, connaît son affaire. Nous jetons l’ancre dans un endroit abrité et décidons enfin d’aller nous coucher. 


Bien que très fatigué (voilà plus de 30h que je n’ai pas dormi), j’ai de la difficulté à trouver le sommeil. Je repasse en boucle mon départ depuis le Québec et j’ai dû mal à croire que c’est vraiment en train de se passer.

Le lendemain matin nous décidons de partir de bonne heure dès que la clarté nous permet de naviguer, direction Nassau. Nous sommes dans les bonnes grâce d’Éole et de Neptune pour le restant du voyage. 

Je suis très reconnaissant à Philippe de m’avoir laissé la barre à l’entrée du port de Nassau et de m’avoir permis de faire ma première entrée au port. Tout un feeling !


Au loin je vois la silhouette massive des bateaux de croisière en attente de touristes prêts à visiter les eaux limpides et bleutées des Bahamas. Passant très proche de ceux-ci, je prends conscience que nous sommes bien petit à côté de ces mastodontes des mers, petit mais libre d’aller où bon nous semble explorer si l’envie nous prend les plus petites îles. Il y a du trafic dans le port : bateaux qui emmènent les touristes à la journée, gros yachts de millionnaires, et d’autres voiliers comme nous à l’ancre fraîchement arrivés ou prêts à repartir pour les Exhumas ou Eleuthera.


Après s’être arrimés au quai de la marina, nous rencontrons les agents des douanes : êtes-vous aller en Chine dernièrement? Avez-vous des armes à bord? Avez-vous des animaux? Ayant répondu non à toutes ces questions et payé notre droit d’entrée, nous pouvons enfin arborer le pavillon Bahaméen, sésame pour pouvoir pénétrer à notre guise dans ce paradis.


La coutume veut que nous buvions une Kalik (bière bahamienne) bien froide au restaurant de la marina, ce que nous faisons tout en prenant une bouchée du même coup. Après tout on l’a bien mérité ! LOL

Le jour fait place à la nuit et un petit vent souffle, on se croirait à Montréal lors des quelques journées les plus chaudes de l’été, sauf qu’ici c’est totalement normal. Les Bahaméens sont sympathiques envers les touristes que nous sommes. Je suis surpris de constater la couleur noire de leur peau et les traits qui les caractérisent, je pensais trouver des gens de la même couleur qu’à Cuba. C’est ça la beauté des voyages, nous faire découvrir des nouveautés, d’autres peuples.


Bien qu’ayant passé un bon 36 heures en vase clos, Philippe et moi avons toujours des discussions animées, j’en profite toujours pour m’abreuver au maximum de l’expérience de ce vieux loup de mer, les questions fusent, les réponses arrivent....la mayonnaise commence à prendre entre nous deux ! LOL


Philippe me fait découvrir Rose Island, nous jetons l’ancre. Nous sommes carrément seul. On voit le fond, la mer est bleue, la plage est à quelques mètres, la végétation est dense. J’ai l’impression de vivre ce que les premiers explorateurs ont vu lors de leur arrivée, un paradis, pas besoin de chercher de l’or, il est là, il suffit de le voir et de l’apprécier.


La nuit par contre est mouvementée : un ancrage qui roule, le ciel est étoilé (pas comme à Montréal mais étoilée comme rarement j’ai vu). C’est aussi beau la nuit que le jour. Dans le bateau le roulis est intense, on se fait brasser, il craque, la drisse du mat, la balancine qui vibre, des bruits que seul le moussaillon que je suis peut entendre, loin du bruit de la ville, le sommeil est léger, mais le plaisir garanti malgré tout.

Une autre journée de voile nous attend et nous avons dû changer les plans tracés la veille, seule la météo est maître à bord ! Philippe en vieux marin qu’il est sait qu’il ne faut pas aller à son encontre, peine perdue pour celui qui n’a pas compris. 


Nous allons faire le tour de l’île de Providence, un 37 miles nautiques à faire à toutes les allures, vent de travers, portant et au prés. Les vents sont parfaits, le soleil présent, une journée idyllique. Je suis de plus en plus à l’aise sur le bateau et je suis capable d’anticiper les coups de barre à donner pour garder un cap de moussaillon. 


À chaque fois je crois que je vais vider Philippe de tout ce qu’il a en tête mais je m’aperçois que ce n’est pas possible, à chaque question il a une réponse qu’il me donne avec passion, je sens d’ailleurs que nous partageons cette même passion qui nous anime tous les deux. Deux Philippe à bord imaginez un peu les discussions ! Tout y passe, de la 6eme extinction de masse, en passant par les élections américaines, sans parler de nos vies intimes, cette fois le ciment est pris.


Un ‘’Northern’’ est prévu pour les prochains jours et Philippe en bon capitaine nous prévoit une solution de replis à la marina en attendant que le vent faiblisse. Malheureusement il ne reste plus de place, et en bon bourlingueur des Bahamas qu’il est, il fait aller ses contacts et nous trouvons un quai chez un de ses amis bahamiens qui se trouve dans les canaux bien protégés du vent du Nord. Nous sommes bien mieux que dans une marina, peut-être moins de confort mais plus typique. 


Les journées passent au rythme des tropiques, nous travaillons le matin sur le bateau (il faut bien entretenir notre maison) et l’après-midi lectures, discussions, et farniente. Bref je suis un être comblé!


Je ne saurai trop comment remercier Philippe pour m’avoir permis de vivre cette aventure. Son dévouement, sa gentillesse à m’expliquer et réexpliquer, son partage de connaissance, sa patience font de lui un grand Monsieur. 


Avec tout mon respect, merci encore Philippe pour tous ces merveilelux moments.


J’ai vraiment hâte que Josiane et nos proches puissent vivre ce que j’ai vécu et être capable à mon tour, tout comme Philippe l’a fait avec moi, de transmettretoutes les connaissances que j’ai acquises au cours de ses deux dernières années de préparation en vue de cette vie nouvelle qui comportera son lot de défis, de surprises, de bon et mauvais coups.



En attendant le grand départ....

L'inspection des voiles...

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Avant le grand départ, il fallait aussi faire inspecter les voilures.


On ne se rend jamais compte de la grandeur d'une voile tant qu'elle se trouve sur un bateau. 

Mais là là.. c'était vraiment impressionnant.


L'ancien propriétaire nous avait recommandé Ed Trombley de Doyle Sail à Morrisonville (NY), une place au milieu de la montagne (oui oui vous avez bien lu, montagne !). 

Et lui, il connaît ça et il l'a la place !

Bref, Ed est un gars super sympa et nous le recommandons à notre tour !

À moi les conserves ...

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Ce n'est pas parce que nous vivrons sur un bateau qu'il ne faudrait manger que du poisson ! LOL


Sachant que tout ce qui est viandes et légumes est très dispendieux dans le Sud, je me suis donc lancée dans la confection de conserves.


Bon d'accord, c'est une grosse entreprise pour moi qui suis connue pour être nulle dans une cuisine. 


J'ai fait appel à des cobayes et devinez quoi ?...Ils ont tous survécus ! LOL


D'ici notre départ, je me serais perfectionnée et mon stock aura belle allure !

À lui le pain !

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''Maître Boulanger'' !

Voici le nouveau titre de Philippe !


Sur ce point-là, il est très bon aussi ! (le pain...Philippe...enfin les 2 ! LOL)


D'ailleurs, ses pains sont tellement bons qu'on n'en achète plus depuis longtemps maintenant.